L'exploitation illégale met en péril le site patrimoine mondial des forêts humides de l'Atsinanana à Madagascar et sa faune unique | WWF

L'exploitation illégale met en péril le site patrimoine mondial des forêts humides de l'Atsinanana à Madagascar et sa faune unique

Posted on 18 April 2017   |  
Ring-tailed lemur
© WWF
La capture illégale d'espèces endémiques pour le commerce international menace l'intégrité de certaines des zones et des espèces rares les plus emblématiques du monde. Le trafic illégal de la faune se produit dans près de 30% des zones les plus protégées du monde. Il s'agit notamment du site du patrimoine mondial des forêts humides de l'Atsinanana à Madagascar, menacé par le commerce du bois de rose et du palissandre. 
 
L'exploitation forestière illégale a indirectement mis en danger d'autres espèces en supprimant leurs habitats et en donnant libre accès aux braconniers. À Madagascar, plus de 90% de toutes les espèces de lémuriens sont maintenant en voie d'extinction en raison de la perte d'habitat, selon un nouveau rapport international lancé par le WWF lors de la Journée du patrimoine mondial 2017. 

Le rapport sollicite des mesures supplémentaires et immédiates pour mettre un terme à la tendance inquiétante du trafic illicite d’espèces inscrites à la « CITES » pour le commerce international dans les sites les plus écologiquement importants du monde. Le document comprend un cas détaillé d'étude sur les forêts humides de l'Atsinanana qui décrit comment alimenter la demande illicite de palissandre en Chine.

Mondialement connus pour la richesse de leur biodiversité, les sites classés au Patrimoine mondial de l’Unesco abritent des milliers d'espèces animales et végétales rares. Par exemple, les forêts humides de l'Atsinanana à Madagascar abritent certaines des forêts les plus vierges de la planète et des écosystèmes uniques. Le bien comprend six parcs nationaux et couvre près de 500 000 hectares. Cependant, ces sites et leur faune et flore sont en grand danger en raison du trafic illicite d'animaux sauvages et de la surexploitation des forêts, du trafic illégal de bois de rose et de palissandre. 
L'exploitation forestière illégale de bois de rose et de palissandre a mené à l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2010. Le braconnage illégal a été un problème important à surpasser dans les forêts humides de l'Atsinanana pour la dernière décennie malgré leur valeur reconnue et leur statut d’aires protégées, À son apogée, les taux d'exploitation illégale du palissandre ont été estimés entre 200 et 300 m3 par jour dans les parcs nationaux de Masoala et Marojejy. 

En outre, le rapport souligne que sur une période de deux ans, le commerce illégal du palissandre a coûté aux Malgaches jusqu'à 200 millions de dollars de perte de revenus. Le bois de rose est majoritairement importé par la Chine, malgré une interdiction totale de la CITES sur les exportations de bois de rose de Madagascar en 2013. 

"Le WWF est très préoccupé par les impacts négatifs de l'exploitation illicite de la biodiversité unique de Madagascar et travaille étroitement avec les communautés de base et les autorités locales pour renforcer les patrouilles forestières et l'application de la loi, en particulier dans les hautes terres du nord de Madagascar, autour du site du patrimoine mondial des forêts humides de l’Atsinanana. Par exemple, en 2016, 245 patrouilleurs forestiers ont été formés par le WWF pour améliorer leur capacité à utiliser le système de surveillance de l'application de la loi, un logiciel qui permet le suivi des pressions sur les ressources naturelles et l’identification et le traitement des délits ", déclare Nanie Ratsifandrihamanana, directrice du WWF Madagascar. 
 

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