Une nouvelle étude révèle que l’exploitation du bois à Madagascar est hors de contrôle | WWF

Une nouvelle étude révèle que l’exploitation du bois à Madagascar est hors de contrôle

Posted on 15 February 2017   |  
Rosewood stockpile
© TRAFFIC
Un mélange d’instabilité politique, de mauvaise gestion du gouvernement, d’un manque de contrôle des exploitations forestières et d’une incapacité à imposer des sanctions punitives contre les trafiquants bien connus a contribué à ce qui était réellement le zéro contrôle sur la gestion des ressources en bois précieux à Madagascar de Mars 2010 à Mars 2015, selon une nouvelle étude de l’ONG TRAFFIC publié dans le cadre du projet SCAPES sur « La Préservation des ressources naturelles de Madagascar ».
  
Ce projet, financé par l'USAID, a pour but de lutter contre le commerce illégal des ressources naturelles de Madagascar par le renforcement des capacités des parties prenantes malgaches. Le projet a été lancé en 2013 et est mis en œuvre par un consortium de quatre ONG : WWF, Wildlife Conservation Society, Conservation International et TRAFFIC, en étroite collaboration avec la société civile et le gouvernement.
 
Au moins 350.000 arbres ont été abattus illégalement à l'intérieur des aires protégées et au moins 150.000 tonnes de rondins ont été exportés illégalement vers des destinations incluant la Chine, la Malaisie et l’île Maurice sur la période de cinq ans, selon l'étude L’Ile Aux bois : Le commerce de bois de rose et de bois d’ébène de Madagascar.
 
« La mauvaise gouvernance et la corruption ont mené à une situation anarchique sans aucun contrôle sur la récolte de bois, provoquant « une ruée vers les bois » avec comme conséquence l'abattage généralisé d’arbres de bois de rose et de bois d'ébène dans des aires protégées partout à Madagascar, et il faudra des années pour que l'environnement puisse se remettre, » a déclaré Roland Melisch de TRAFFIC International.
 
« Cette étude récente devrait aider le gouvernement de Madagascar à comprendre les problèmes qui ont conduits à cette situation catastrophique et à commencer le long processus pour atténuer la crise de mauvaise gestion qui a suivi. »
 
Madagascar abrite des centaines d'espèces endémiques de bois de rose Diospyros et de bois d’ébène Dalbergia, dont beaucoup suscitent une forte demande, en particulier en Asie, en raison de leur aspect attrayant et propriétés hautement durables pour être sculptés en meubles et d’autres articles ménagers.
 
Toutefois, selon le rapport : « La politique de gestion de bois précieux se caractérise par un décalage entre les décisions de gestion (c.-à-d. les déclarations politiques et les engagements internationaux) et leur mise en œuvre sur le terrain. »
 
Le rapport émet un certain nombre de recommandations adressées au gouvernement, en particulier au Ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts, au Ministère de la Justice et au Ministère des Finances, ainsi qu’au Bureau Indépendant Anti-corruption (BIANCO), au Service de Renseignement Financier (SAMFIN), aux partenaires de l'administration forestière et aux organismes de recherches. Certaines questions clés à aborder incluent la mise en œuvre rigoureuse de la législation existante, la réalisation d'évaluations des ressources clés et la formation de base sur l’identification des espèces.
 
Madagascar est déjà confronté à une forte pression internationale pour résoudre la situation. Lors de la réunion en Afrique du Sud en Septembre 2016 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), le Secrétariat de la Convention a demandé au pays de mettre en œuvre un plan d'action sur le bois : le manquement du pays à démontrer des progrès suffisants dans l’audit des stocks d’espèces de bois précieux saisis et à prendre des mesures d’application adéquates contre l'exploitation forestière illégale pourrait entraîner l’imposition de sanctions commerciales sur le pays.
 
La communauté internationale a démontré sa volonté d'aider : au cours du somment du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) tenue en Décembre 2015, la Chine, la principale destination des bois de Madagascar, s’est engagé à intensifier son aide aux pays africains relatif au secteur de la faune sauvage et d’accroître sa coopération sur la gestion durable des forêts.
 
Récemment, Madagascar est également devenu membre de l'Organisation Internationale des Bois Tropicaux (OIBT) et est signataire de la Déclaration de Zanzibar sur le commerce du bois et la Stratégie de la Communauté de développement de l’Afrique australe sur l’application de la loi et la lutte anti-braconnage (LEAP). Ces forums et la Stratégie menée par l’Union africaine sur la lutte contre l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages en Afrique offrent d’excellentes opportunités à Madagascar pour rechercher de l’aide financière et technique auprès des banques de développement et de la communauté internationale pour améliorer la transparence et la gouvernance dans le secteur du bois dans le pays et constituent une reconnaissance par le pays de la nécessité d'une approche régionale plus concertée et coordonnée pour arrêter le braconnage et le trafic de produits illicites d'espèces sauvages.
 
« Madagascar envoie le signal que le pays comprend la nécessité d'une réforme dans la gestion de ses ressources en bois, mais ces accords doivent être accompagnés par une action forte au plus haut niveau du gouvernement, » a déclaré Nanie Ratsifandrihamanana, Directeur pays pour WWF Madagascar.
 
 
Rosewood stockpile
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Rosewood stockpile in a government owned facility
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Chinese vessel loading rosewood from Madagascar East Coast
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Rosewood loaded into large vessel in Madagascar North East coast
© TRAFFIC Enlarge

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