« Je protège ma forêt pour nos petits-enfants » | WWF

« Je protège ma forêt pour nos petits-enfants »

Posted on 09 June 2018
Lôdy et ses compères font des patrouilles dans leurs forêts deux fois par mois, les 10 et 25 du mois
Lôdy et ses compères font des patrouilles dans leurs forêts deux fois par mois, les 10 et 25 du mois.
© WWF Madagascar
Lôdy, a 44 ans, est père de huit enfants et grand-père de deux petits-enfants. Son village, Ambiky, se trouve sur les rives du fleuve Onilahy, au sud-ouest de Madagascar. Lôdy est le chef des « Polisinala », les rangers communautaires de son village. Ils sont sept hommes dans son équipe, qu’il dirige depuis cinq ans.
 
Lôdy et ses compères font des patrouilles dans leurs forêts deux fois par mois, les 10 et 25 du mois. Munis d’un GPS, ils parcourent les forêts galeries et les fourrés épineux et traquent les défricheurs et les charbonniers illicites.
 
C’est un travail difficile, mais nécessaire ! « Un jour, je suis tombé sur des charbonniers illégaux au milieu de la forêt. Ils étaient six, j’était tout seul. Les choses ont commencé à chauffer quand ils ont refusé d’arrêter et ont menacé de me battre. Face au danger, j’ai dû revenir au village pour chercher des renforts et ils ont eu le temps de s’enfuir » raconte Lôdy. Depuis ce jour, les sept « Polisinala » d’Ambiky font leurs patrouilles ensemble. Quand ils trouvent des infractions, ils informent le président du village, qui informe à son tour la commune. Ils appliquent les sanctions définies par la communauté, et qui s’appliquent dans tous les villages autour de l’aire protégée d’Amoron’i Onilahy.
 
Dans la vie de tous les jours, Lôdy est agriculteur et maraîcher dans son village. Sa tâche en tant que gardien de la forêt est pourtant volontaire, mais très nécessaire. Lôdy est un des nombreux habitants autour de l’aire protégée Amoron’i Onilahy qui a commencé la culture maraîchère, promue par WWF, afin d’arrêter la dégradation de cette forêt, hautement menacée par les charbonniers.
 
« C’est mon village et ma forêt. C’est à moi de me battre pour la préserver. Bien sûr ce n’est pas facile, mais je ne le fais pas que pour moi. Je protège ma forêt pour nos petits-enfants », affirme Lôdy, plein de conviction devant sa maison. Sa femme, qui joue avec leurs petites filles, sourit discrètement en entendant ces mots. Il y a de la tendresse et une certaine fierté dans son regard …
 
Et pas par hasard, car l’aire protégée Amoron’i Onilahy est aujourd’hui une des deux forêts de Madagascar qui a réduit le plus son taux de déforestation. La surface de forêt défrichée chaque année à Amoron’i Onilahy est passée de 69,31 hectares en 2012 à 15,11 ha en 2017, selon les données recueillis par le programme de surveillance aérienne des forêts de Madagascar de WWF en décembre 2017.
 
Ces chiffrent mettent à l’échelle l’effort quotidien de ces hommes et ces femmes qui se battent pour préserver leur richesse, leur forêt.
 
 
 
 
 
 
Lôdy et ses compères font des patrouilles dans leurs forêts deux fois par mois, les 10 et 25 du mois
Lôdy et ses compères font des patrouilles dans leurs forêts deux fois par mois, les 10 et 25 du mois.
© WWF Madagascar Enlarge
Lôdy est le chef des « Polisinala », les rangers communautaires de son village.
Lôdy est le chef des « Polisinala », les rangers communautaires de son village.
© WWF Madagascar Enlarge
Lôdy, a 44 ans, est père de huit enfants et grand-père de deux petits-enfants.
Lôdy, a 44 ans, est père de huit enfants et grand-père de deux petits-enfants.
© WWF Madagascar Enlarge
Lôdy devant sa maison. À l'intérieur, ses femmes et ses petits-enfants.
© WWF Madagascar Enlarge