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Un monde d’urgence

Le 30 janvier 2020, l’OMS a déclaré l’ Etat d’urgence sanitaire mondial lié au coronavirus, à la suite de la dispersion rapide du virus dans plusieurs pays en dehors de la Chine après sa détection chez des patients dont le voyage a été tracé à partir du district de Wuhan

Le mot urgence a été utilisé dans plusieurs domaines déjà avant la pandémie actuelle, notamment l’urgence climatique, urgence humanitaire etc. Récemment, un auteur- journaliste  Français a sonné l’alarme par un livre intitulé « Etat d’urgence technologique – comment l’économie de la surveillance tire parti de la pandémie » où il a montré comment la technologie de communication a été utilisée dans plusieurs pays pour tracer la dispersion du virus, maintenir les gens en quarantaine et en même temps – à tort ou à raison - tracer le mouvement des personnes.  

Par définition, selon notre Constitution, l’Etat d’urgence est une situation d’exception, donc pas une situation destinée à être permanente. Toutefois, pour s’en sortir il faut s’y mettre, appliquer les mesures et trouver les moyens pour y arriver
C’est sur ces derniers points que je voudrais attirer notre attention. L’exemple de notre lutte contre la pandémie peut être un bon exemple d’un effort commun de mobilisation de ressources et de collaboration en face des urgences qui frappent le pays. L’effort que le gouvernement a mis en marche pour reboiser 75,000 hectares par an en vue de reverdir Madagascar est une initiative louable et à continuer. Mais en même temps, je considère qu’arrêter la perte de nos forêts est tout autant une urgence. Ceci ne concerne pas seulement les « dorotanety » mais également la conversion de forêts en d’autres utilisation, renforcer leur protection par les aires protégées et leur gestion par les  communautés existantes. La découverte du petit reptile du monde (un caméléon minuscule de nom scientifique Brokesia nana) en 2012 et publiée en janvier 2021 illustre le fait que nos forêts regorgent encore d’espèces nouvelles, inconnues de la science et qu’il y a une course contre la montre pour les préserver si nous voulons que es générations futures les voient encore. 

L’efficacité des aires protégées et la gestion communautaire à préserver nos ressources et les biens et services qui en découlent ne sont plus à démontrer. Mais il faut qu’on se donne les moyens, en homme matériels, financier et en coordination. Le premier forum sur le Capital Naturel organisé les 18 et 19 mars derniers a vu la volonté de plusieurs secteurs ministériels, des groupements du secteur privé, des jeunes, des programmes bilatéraux, les ONGs  et société civiles à œuvrer ensemble pour préserver le capital naturel de grande valeur de Madagascar. Entre parenthèse et petit rappel, la valeur du capital naturel de Madagascar représente 36% de la richesse totale de Madagascar, estimée à 152 milliard USD en 2014. La volonté de tous les acteurs à avancer ensemble existe. Madagascar est en face d’une urgence environnementale sans précédente – prenons exemple sur la lutte commune actuelle : engagement total du gouvernement, coordination forte des secteurs, institutions et acteurs, un public discipliné – la bonne formule n’est pas loin. Pourquoi ne pas commencer avec la Journée Mondiale de la Biodiversité ? que nous célébrerons ce 22 mai. Le temps nous est compté….