Courrier des lecteurs- Nanie Ratsifandrihamanana - L'Express de Madagascar du 19 décembre 2019 : COP 25…à l’année prochaine ! | WWF

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Courrier des lecteurs- Nanie Ratsifandrihamanana - L'Express de Madagascar du 19 décembre 2019 : COP 25…à l’année prochaine !

« Il est temps d’agir », c’était le thème de la 25ème conférence des parties à la convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui vient de prendre fin ce week-end à Madrid.

Quatre ans après l’Accord de Paris, cette conférence devait être la dernière avant l’adoption et la mise en vigueur de leurs contributions volontaires par les pays en 2020 et l’occasion ultime de faire monter le niveau d’ambition, en particulier des pays grands pollueurs, pour collectivement atteindre l’objectif de limiter la hausse de température à 1,5 degrés. L’échec fracassant des négociations a fait le tour des médias. Après une quinzaine de jours à discuter, les pays ont décidé de revenir en 2020 avec des propositions révisées de leurs contributions nationales. Il sera toujours  temps d’agir…l’année prochaine !

Finalement, ceux qui auront vraiment marqué cette COP, ce sont les acteurs non-étatiques  – ONG, associations, villes, compagnies, scientifiques, jeunes, individus, etc. et ce à travers les actions et initiatives de plus en plus nombreuses de citoyens, de collectivités ou encore du secteur privé pour réduire leurs émissions de carbone mais également à travers leur activisme – marches, grèves, manifestations diverses et même jusque dans la salle de la COP. Les jeunes en particulier ont fait entendre leur voix, plus que jamais lors de cette COP, faisant bien fait comprendre qu’il s’agit de leur futur à eux et qu’ils ont plus que leur mot à dire. 
A Tana, ils étaient dans les écoles, au jardin d’Antananinarenina pour sensibiliser les citoyens lors de la Semaine pour le climat en septembre,  ils ont tenu leur propre conférence sur le climat en novembre, bref, ils se sont préparés, ils ont des idées et des solutions. Une de leur représentante nous a fait honneur en rencontrant M. le Secrétaire Général des Nations Unies lors d’une interview en tête à tête. Ce dernier a pu entendre ce que les jeunes malgaches font pour leur pays, leurs espoirs et leurs craintes mais aussi leurs défis. En particulier celui d’être peu écoutés dans une société encore fortement dominée par la culture du respect des aînés, les raiamandreny qu’ils soient familiaux, spirituels ou encore politiques.

Comme à chaque COP, Madagascar a participé à cette 25ème conférence. Certains ont critiqué le fait que la délégation ait été fortement restreinte. Personnellement, je pense que pour ce genre de conférences, ce n’est pas la quantité mais la qualité qui compte. Et pour cela tout est dans la préparation. Malheureusement, rien n’a transpiré des préparatifs en amont de la conférence, pas de consultations des acteurs impliqués dans la lutte contre le changement climatique, ni de communication sur le point de vue du pays sur les sujets de discussion lors de la conférence. Pourtant parmi les sujets principaux, il y en a bien quelques-uns qui sont pertinents pour nous, tels que la réglementation du marché international de crédits carbone (nous avons un projet national de réduction d’émissions de la déforestation et de la dégradation des forêts), ou le financement des pertes et dommages pour les pays en développement (selon le Global Climate Risk Index, nous sommes à la 4ème place dans le top 10 des pays les plus affectés par les catastrophes naturelles en 2018 contre une place de 7ème en 2017), ou encore l’importance du rôle des écosystèmes naturels pour atténuer les effets du changement climatiques et faciliter l’adaptation.

Alors que les parties se sont accordées pour réviser leurs contributions nationales pour la prochaine échéance de 2020, quel sera le processus pour Madagascar ? Et si processus il y a, ceux et celles qui sont les plus affectés par les changements climatiques, ceux et celles qui travaillent pour y faire face, ceux dont l’avenir est remis en question, tous ceux et celles qui se sentent concernés, auront-ils voix au chapitre ? L’enjeu est bien trop grand pour nous tous, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés, en particulier, donnons les moyens et l’espace aux jeunes pour s’exprimer, agir et apporter leur contribution. Après tout, ils sont notre avenir.