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Restaurer les écosystèmes, le bon choix pour continuer à bénéficier des services vitaux pour l’humanité.

Ne pas restaurer les écosystèmes dégradés, c’est arrêter de lutter contre la déforestation et la dégradation des paysages à Madagascar.

Les conséquences seraient : ne plus être bénéficiaires, même à court terme des services écosystémiques vitaux pour l’humanité et de ne laisser aucun héritage environnemental durable aux générations futures. On appelle services éco systémiques : les services d’approvisionnement, en plantes médicinales, bois de service, … les services de régulation tels que séquestration de carbone, purification de l’eau, décomposition des déchets, les services de soutien : dispersion des graines, formation des sols, et les services culturels qui sont des bénéfices immatériels comme la diversité culturelle, le système des connaissances ...  Pourtant, prenons un exemple concret, la pandémie du coronavirus a démontré de manière magistrale que les plantes médicinales sont d’une importance cruciale car sont un recours pour soigner la population, surtout dans un pays comme Madagascar où l’accès aux médicaments des  grandes firmes pharmaceutiques mondiales est limité.

Avec le niveau élevé de déforestation annuelle à Madagascar (100 000 ha/an), les problèmes environnementaux variés persistent : perte de biodiversité, dégradation des sols entraînant la diminution de la fertilité de ceux-ci et l’érosion (qui ensable des rizières et rougit des rivières et embouchures de l’ouest) et pénuries d’eau observées au dans certaines agglomérations.

L’urgence est donc de restaurer les écosystèmes dégradés de Madagascar. Comment ? Par la restauration des paysages et des forêts. Le premier défi est d’arrêter la déforestation puis, de promouvoir la gestion durable des ressources naturelles. Madagascar s’est engagé dans le cadre de l’initiative Afrique 100 à restaurer 4 000 000 ha de paysages et de forêts d’ici 2030. De surcroît, Madagascar a, depuis quelques années, amélioré la gouvernance institutionnelle, par le cadre globale de gestion des actions de restauration des paysages forestiers par exemple. Cela a permis de faciliter les initiatives des différents acteurs à travers des stratégies, des guides et des actions de renforcement de capacités. L’objectif annuel du gouvernement est même fixé à 75 000 ha de forêts/paysages restaurés par an, et ce, dans le cadre de la vision « Madagasikara rakotr’ala ». Des cas de bonne pratique existent dans les différentes régions du pays.

Force est néanmoins de constater que pour une meilleure mobilisation des acteurs et des citoyens, une mobilisation de financements et une meilleure réalisation sur site sont nécessaire. Des efforts de facilitation divers devront être effectués, à savoir la facilitation de la sécurisation foncière, l’intensification de la coordination intersectorielle sur la planification territoriale, l’amélioration des appuis de proximité et de suivi technique, le renforcement de la gouvernance locale et l’attribution aux communautés locales de rôles importants dans la prise des décisions.
D’autre part, même si les communautés sont accusées d’être à l’origine de la déforestation, elles ont de plus en plus compris que sans les services écosystémiques, leurs systèmes de production dépendant des espaces et des ressources naturelles ne peuvent être durables. L’adage « Ny vodiala tsa vo namidy, ny petsapetsa tsa vo ritra » prouve aussi que les communautés ont conscience des rôles importants des écosystèmes. Ils peuvent être le pilier des actions de la restauration des écosystèmes à Madagascar. Par ailleurs, parmi les bonnes pratiques, on peut citer : la gestion communautaire des paysages,  et durable en plus. Donc, compatible avec le concept restauration des paysages forestiers.

Ainsi, avec l’appui et le soutien de l’administration, il est donc temps pour tous les acteurs de la gouvernance environnementale d’appuyer et d’accompagner les communautés locales à jouer effectivement leurs rôles de leaders et de responsables de la réussite des actions de restauration des écosystèmes dégradés. Ceci pour que les services écosystémiques soient fournis durablement pour l’humanité.

Par Docteur Appolinaire Razafimahatratra, expert de WWF.