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5 choses à savoir sur les lémuriens, joyaux de la biodiversité de Madagascar

D’où viennent les lémuriens et quelles sont leurs origines ? Les ancêtres des lémuriens seraient arrivés de l’Afrique à Madagascar par radeau naturel flottant il y a 65 millions d’années. Puis ils ont évolué et se sont adaptés dans les différents types d’écosystèmes existants. Les lémuriens se sont donc diversifiés et occupent aujourd’hui des zones très spécifiques où ils en sont endémiques. Par exemple, le Simpona, Propithecus candidus vit uniquement dans la forêt humide d’altitude du nord de Madagascar. Le Maki ou Lemur catta vit principalement la forêt épineuse du sud-ouest de Madagascar. L’hapalémur du lac Alaotra, Hapalemur alaotrensis quant à lui, vit uniquement dans les marais et bambous du lac Alaotra.

Tous nos lémuriens sont en danger et risquent de disparaître. L’arrivée à Madagascar des premiers êtres humains, il y a deux mille ans, a marqué le début de l’exploitation de la nature. Depuis, l’habitat des lémuriens s’est réduit en raison de la déforestation, la culture sur brûlis, l’exploitation minière, l’exploitation illicite de bois ou le charbonnage. En effet, Madagascar a perdu 44 % de ses forêts naturelles depuis les années 50. Madagascar a perdu de 2001 à 2019, selon le Global Forest Watch, 3.89Mha de couverture forestière, soit l’équivalent de 23% de réduction depuis l’an 2000. Une mise à jour de la liste rouge des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) révèle que 31 % de toutes les espèces de lémuriens de Madagascar sont aujourd'hui en danger critique d'extinction. La taille de la population des lémuriens est également en baisse car ils sont chassés pour leur viande et pour être domestiqués comme animaux de compagnie. À Madagascar, plus de 28.000 spécimens de lémuriens étaient gardés, de façon illégale, comme animaux domestiques ou de compagnie auprès de particuliers et d’établissements privés, entre 2010 et vers mi 2013.
 
Nos lémuriens sont aussi vulnérables au changement climatique. Des espèces peuvent disparaître et quittent leur milieu naturel d’origine à cause du changement climatique. Selon une étude scientifique publiée en 2019 dans « Nature Climate Change », 95 % de l’habitat des espèces de lémurien pourrait être détruit d’ici 2070 à cause du réchauffement climatique. En 2018, le rapport “La vie sauvage dans un monde en réchauffement” de WWF a montré que la population de 57 espèces de lémuriens diminuera de 60% si la température de la planète augmente entre 2°C à 4°C d’ici à 2100. Dans tel cas, trois zones ont été identifiées comme des refuges climatiques pour les lémuriens : la péninsule du Masoala, la rivière Mangoky et une zone dans le nord-ouest du pays, incluant le Parc National d’Ankarafantsika.
 
Exploiter les lémuriens est sanctionné par la loi ! La détention, le transport, la vente et la consommation des lémuriens sont strictement interdits par la loi. Il existe des lois en vigueur pour la protection stricte des lémuriens, comme stipulés dans la loi Code des Aires Protégées (COAP) ou  la loi sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
Le décret 2006-400 classifie les espèces de faune sauvage de Madagascar en trois catégories. Les espèces protégées de la catégorie 1, dont le lémurien, bénéficient d’une protection absolue sur l’ensemble du territoire malgache. La chasse, la capture, la détention, la consommation et la commercialisation des espèces sont strictement interdites sous toutes leurs formes. 
Les infractions sont punissables d’une peine de six (06) mois à vingt (20) ans d’emprisonnement et/ou d’une amende de 5.000.000 à 2.000.000.000 Ariary selon leur gravité.
 
Que pouvons-nous faire pour les lémuriens ? L’engagement des Hommes est très important pour la conservation des lémuriens. C'est pourquoi le WWF, l’administration et ses partenaires s'engagent en faveur de la protection des lémuriens et des forêts avec les communautés locales. « Nous mettons en œuvre des activités de protection du Simpona par exemple, dans le Corridor Marojejy Anjanaharibe Sud Tsaratanàna au nord de Madagascar, en associant les communautés locales notamment dans les patrouilles afin de détecter et réduire les menaces comme le braconnage », affirme Rafanomezantsoa Simon du WWF. WWF appuie également les communautés dans la restauration des forêts naturelles, qui sont les lieux de vie des lémuriens, ainsi que dans les actions sensibilisations.
 
Rejoignons l'action mondiale permettant à tous les citoyens de signer une pétition en ligne « Nos voix pour la planète » pour appeler nos dirigeants à s'engager pour des actions concrètes afin d'inverser la dégradation de la nature. Participons à la restauration des habitats de ces espèces iconiques de Madagascar, qui font la fierté de notre pays. Informons-nous et faisons en sorte de faire parler des lémuriens dans le monde entier. « Les lémuriens et leurs habitats : un patrimoine à préserver » !